M'sieurs, Dames,
Il vous reste
moins de 15 jours pour courir
au Palais des Beaux-Arts visiter l'
exposition temporaire sur CoBrA. Cette expo est géniale, à la hauteur du mouvement sujet, extraordinairement riche et instructif.
L'entrée n'est pas très chère, y a des réduc's étudiantes comme toujours, et l'audio-guide est très bien foutu, même si les numéros d'écoute sont un peu chamboulés.
Une grosse impression, entre les tableaux de Jorn, de Constant, de Karel Appel, d'Else Alfelt ou d'Alechinsky, les scuptures de Reinhoud, les textes de Dotremont, etc...
Ci-dessous, quelques notes prises lors de la visite, et puis un rappel vite fait sur Cobra.
Mes
notes lors de la visite (enfin, quelques parties...) :
"Notre expérimentation cherche à laisser s'exprimer la pensée spontanément, hors de tout contrôle exercé par la raison. Par le moyen de cette spontanéité irrationnelle, nous atteignons la
source vitale de l'être. Notre but est d'échapper au règne de la raison, qui n'a été, qui n'est encore autre chose que le règne idéalisé de la bourgeoisie, pour aboutir au règne de la vie"
(Asger Jorn,
"Discours aux pingouins", Cobra, 1949)
Très impressionné par Else Alfelt, inconnue jusqu'alors, une pureté, et une grâce tout à fait particulière. Pas surpris d'apprendre qu'une femme avait peint ces tableaux. des jeux de couleurs
magnifiques.
Corneille et sa géométrie conservent un aspect fascinant.
Constant et Jorn, fidèles à eux-mêmes, toujours bouleversants. Explicitation de l'art de Jorn très intéressante, par l'audio-guide. Constant et Jorn se regardent, avec amour, à travers leurs toiles
face à face, si proches et si différentes. Jorn affirme ses masques, parfois en souffrance.
"Une peinture n'est pas une construction de couleurs et de lignes, mais un animal, une nuit, un cri, un homme ou tout cela ensemble." (Constant, Cobra 5, 1950)
"Enfants interrogateurs" de Karel Appel : à en pleurer de tristesse et de beauté.
Atlan commence par des oiseaux de grâce.
Grosse impression devant Ejler Bille.
Pol Bury cotoie Van Lint, ils se marient. Les yeux du premier me heurtent au plus profond.
Serge Vandercam, plus que de la photo.
Grosse impression, encore, devant les toiles d'Alechinsky datées de 1950, jamais vues, superbes.
"Le tableau est un terrain d'expérience, ce n'est pas un écran derrière lequel on peut se cacher. L'important est de découvrir en nous, qui faisons partie de la réalité, une écriture intérieure
allant à la découverte organique de nous-même, sans avoir peur de plonger en pleine terre, en pleine eau, en plein feu, en plein air." (P. Alechinsky,
Abstraction faite-Cobra 10,
1951)
"La vraie poésie est celle où l'écriture a son mot à dire." (Christian Dotremont,
"Signification et sinification", Cobra 7, 1950)
Pour rappel, le mouvement CoBrA (pour COpenhague, BRuxelles, Amsterdam, villes dont étaient issus les fondateurs...), est un mouvement artistique qui eut une durée d'existence fort
brève, entre 1949 et 1952 (à moins que ce soit 48-51, d'un coup j'ai un doute...). Cette brièveté n'eut d'égale que le degré d'intensité de ses activités. Le travail des membres du groupe fut en
effet particulièrement fécond, durant ces trois années, se manifestant surtout au travers de publications, d'expositions et de travaux de groupe.
Les membres fondateurs s'étaient rencontrés à Paris, lors d'un Congrès international des surréalistes révolutionnaires. Ils avaient constaté le dogmatisme et l'échec total de cette réunion à les
satisfaire, et ont donc décidé de créer leur propre structure : CoBrA. Pour ce faire, ils s'unirent autour de quelques principes communs, refusant de s'imposer de lourdes contraintes théoriques
(celles-mêmes qui avaient causé l'échec de la réunion mentionnée ci-dessus, à leurs yeux...).
Ces principes sont :
-la recherche de la spontanéité ;
-le goût de l'expérimentation ;
-l'interdisciplinarité ;
-la primauté de la matière ;
-l'intérêt pour l'expression de l'enfant et du primitif.
Ils espéraient l'avènement d'une société nouvelle, où art et vie ne feraient qu'un, chacun se rendant compte qu'un artiste n'est qu'un homme comme les autres, qui s'exprime.
Ils voulaient échapper au surréalisme onirique (et autocentré à Paris autour de Breton), d'une part, et à l'abstraction froide d'autre part.
(La page Wikipedia concernant Cobra est plutot courte et très incomplète, mais elle est pas mal, pour ce qu'on y trouve, si vous voulez un complément d'infos...)