Lundi 26 janvier 2009
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Je me suis levé à la tombée de la nuit. Vite pris une douche. Me suis habillé, armé. Puis je suis sorti, entre les ombres des rues désertes. Noir et blanc, nuances de gris.
Couvre-feu : plus de lumières, la Lune. Peu de bruits. Quelques rats. Et les éclats.
Longer les murs, à l'affût des proies, soi-même chassé. Chacun pour soi ; au hasard d'une traque, on rencontre un visage connu. Proche d'une autre époque. Il n'y a plus d'amis dans ce coupe-gorge.
Parfois l'allié d'une nuit. Ou un homme à abattre.
Souvent, en cours de route, les rôles s'interchangent ; et il faut soudain bondir, s'engouffrer dans le passage le plus étroit, le plus nauséabond, pour ne pas disparaître sous les coups du
compagnon d'un soir qui marchait derrière vous.
On avance lentement, les yeux sans cesse en mouvements, à scruter, chercher, puzzle perpétuel. On entend le fracas des affrontements au loin. La guerre. Ou les luttes de clans. Parfois aussi un
chasseur qui met la main sur sa proie, donnant lieu à un bref combat. Rude.
Lorsque la violence se déchaine, il faut être vif, adroit, et parvenir à conserver son sang-froid. Distinguer immédiatement le coup qui cherche à vous faire réagir, vous débusquer, de l'attaque
directe, à laquelle il faut répondre instantanément sous peine de mort.
Lorsque la violence se déchaine, le monde crépusculaire retrouve toutes ses couleurs, son agitation, et l'excitation vous gagne, à nulle autre pareille, une formidable décharge d'adrénaline,
l'instinct de survie.
Pour cela seulement, sans autre gain, je sortirais de ma tanière à la nuit, affronter les ténèbres et mes semblables.
L'argent n'est qu'un bénéfice de plus. J'ai soif de la guerre, de la violence, de l'excitation du combat. Je ne vis plus que pour cela.